“Non” est une phrase complète

“Non” est une phrase complète

Jason Rosewell

Une des choses que j’aime le plus chez les enfants, c’est leur capacité à dire “Non”. Les gamins sont brillants quand il s’agit de verbaliser leurs opinions : je veux du chocolat, je ne veux pas ranger mes affaires, j’ai pas envie de faire mes devoirs.

Et je pense que d’une certaine façon, notre éducation nous désapprend à dire non. Très tôt, et trop vite, on apprend à dire “oui”. Oui pour faire plaisir, oui parce qu’on veut éviter de blesser, oui parce qu’on veut arrondir les angles.

Et ensuite, on grandit, on intériorise ce “oui” diplomatique, ce “oui” qui est censé faire de nous des femmes civilisées et adultes et bien comme il faut. Et quelque part sur ce chemin, la beauté du “non” disparaît, se fond dans le décor, devient associée à une mauvaise chose.

“Non” est un mot brillant. Un mot-frontière, une limite qui te permet de revendiquer qui tu es. Non, je ne donnerai pas mon numéro à ce mec qui ne me plaît pas, non je ne passerai pas 2 heures de plus au taf sans être payée pour ça, non je ne me sentirai pas obligée de passer 15 minutes à répondre à un sondage débile d’un démarcheur téléphonique intempestif qui m’appelle chez moi juste pendant l’heure du diner.

La plupart des gens ne savent pas entendre le mot “non”, parce que la plupart des gens ne savent pas vraiment écouter ce que tu dis.

Le mot “non”, c’est un peu le Saint Graal de la nana qui veut apprendre à s’affirmer. C’est ton Everest, ton espace à conquérir. Ton Eldorado.

Alors quoi faire quand tu te retrouves en face de quelqu’un qui ne respecte pas ton “non”. Qui refuse de l’écouter ? Qui dédaigne la limite que tu essaies si couragement de tracer ? Qui te refuse le droit de délimiter ta propre frontière ?

Pour être honnête avec toi, ça m’est arrivé cette semaine. Je me suis retrouvée dans cette situation. J’ai dit “Non” à un mec. Un soupirant éconduit. Un homme qui refuse d’entendre.

Il y a des tonnes de raisons pour lesquelles on refuse d’entendre un “non”. Et la clef du problème se résume ainsi :

Que ce soit un mec, ton boss, ton pote ou encore ta mère, celui qui nie le “non” a un intérêt à le faire. Et cet intérêt est pour lui infiniment supérieur à ton bien-être et au respect auquel tu as droit.

Pourquoi est-ce qu’on fait ça ? Pourquoi on n’autorise pas l’autre à dire “Non”.

– Pour avoir raison
– Parce que notre égo est blessé
– Parce qu’on a envie de baiser
– Parce qu’on veut se faire mousser
– Parce qu’on souffre de solitude
– Parce qu’on ne supporte pas d’être contrarié
– Parce qu’on est immature
– Parce qu’on est puéril
– Parce qu’on pense que c’est un jeu
– Parce qu’on ne s’en rend même pas compte
– Parce qu’on croit que l’amour, ça se conquiert, envers et contre tout, comme dans les films américains avec Hugh Grant et Julia Roberts.

Et c’est pour ça qu’on essaie parfois d’étouffer le “non” dans l’oeuf.

On le fait tous. On l’a tous fait. Et on le fera encore.

-> Ne te remets pas systématiquement en question

Tu n’as rien fait de mal. Tu as dit ce que tu avais à dire, tu as posé la limite. Une fois. Deux fois. Peut-être même trois.

Si l’autre ne sait pas l’entendre, garde tes distances. Je sais, je sais, c’est dur. Tu passes beaucoup de temps à te demander si tu as bien fait, si tu as bien agi. Si tu n’es pas un monstre d’égoisme parce que tu as enfin dit ce que tu as sur le coeur.

Dire ce que tu penses, c’est toujours bien agir. Parce que c’est comme ça que tu vas construire ton socle de pouvoir et commencer à t’affirmer.

-> Souviens-toi que tu n’as pas à convaincre l’autre que ton choix est juste.

Ton choix est à toi. Ta décision est la tienne. Une fois que tu sens dans tes tripes que tu as suffisamment expliqué le pourquoi du comment, mets le holà.

Je connais une nana qui a passé des années engluée dans une relation amoureuse merdique parce qu’elle passait son temps à expliquer à son mec pourquoi elle et lui étaient incompatibles. Pendant qu’elle lui expliquait tout ça, la relation merdique continuait, les débats sans fin et les élucubrations sur le pourquoi du comment aussi.

Entre elle et son mec, c’était un dialogue de sourd. Avec des ruptures douloureuses à la clef, des déménagements, des affaires qu’on sépare, des suivis de courrier à faire et un chat en garde alternée.

“Non” est un économiseur de temps et d’énergie
Un airbag émotionnel salvateur

Fais ce qui est bon pour toi. Tu n’es pas responsable des sentiments de l’autre. Il t’en voudra de toute façon. Alors autant partir et passer à autre chose.

-> Ce que tu ne dis pas à un effet négatif sur toi et sur les autres.

Si tu ne le dis pas, l’autre ne peut pas deviner ce qui ne va pas. Et donc, il ne peut pas changer son comportement pour prendre en compte tes besoins. N’attends pas qu’il lise dans ton esprit. Je l’ai fait, crois-moi, ça ne marche pas.

Ce que tu ne dis pas à un effet négatif sur toi : ça te donne l’impression d’être nulle et que tu n’y arriveras jamais. Ne pas s’affirmer à un prix, et dans la durée ce prix est beaucoup plus élevé que la tranquillité temporaire qu’un moment de passivité peut acheter.

Et je sais que tu vaux bien mieux que ça parce que tu comptes vraiment.

Et je sais que tu as à l’intérieur de toi le pouvoir de dire non de manière bienveillante.

Et je sais qu’il ne demande qu’à étinceler.

Tu comptes. Tu as le pouvoir.

Je t’embrasse,

Sophia

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